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Le diabète connecté : une réalité qui améliore le quotidien des patients ?

Le diabète est-il la plus connecté des maladies chroniques ? L’affinité entre les patients diabétiques et la e-santé n’est pas si récente. Déjà en 2015, alors que 21,5% des patients chroniques avaient téléchargé une application mobile de santé, le taux d’équipement des patients diabétiques frôlait les 60%1. La raison ? La complexité de la maladie qui nécessite le contrôle de divers paramètres, notamment celui de la glycémie*, et pour lequel l’aide d’un compagnon numérique peut être bienvenue.

En quelques années, les dispositifs connectés ont pris une place croissante dans le quotidien des 3,5 millions de personnes atteintes de diabète en France2,3. Ces nouveaux dispositifs, désormais plus facilement accessibles, font partie intégrante de « l’environnement diabète ». Ils peuvent être destinés aux soignants, aux patients eux-mêmes ou à leurs proches, aidants ou non. Parmi une offre déjà large d’outils et de services de e-santé, quels sont ceux qui peuvent faciliter le quotidien des patients diabétiques ? Nous vous proposons un petit tour d’horizon des innovations dédiées à des patients très en phase avec leur temps.

Le diabète connecté

DES OBJETS CONNECTES POUR METTRE EN PLACE LES BONNES HABITUDES

De la balance intelligente aux applications de conseils culinaires en passant par la montre tracker d’activité physique, la semelle connectée ou le podomètre, les outils connectés, très présents sur le marché du bien-être, sont aujourd’hui nombreux à occuper l’espace du patient diabétique. Du reste, certains ont été développés spécifiquement pour accompagner le quotidien des patients diabétiques, parfois avec la collaboration des patients voire à leur initiative. Utilisés régulièrement, ils aident les patients à modifier leurs habitudes ou à atteindre certains objectifs tels que, effectuer 5000 voire 10 000 pas par jour, pratiquer les 30 minutes quotidiennes d’activité physique dynamique recommandées4, rééquilibrer son alimentation ou encore perdre du poids. Le point commun de ces outils ? Une approche ludique du quotidien, destinée à faciliter l’adoption de bonnes habitudes et à les intégrer en douceur dans une nouvelle routine.

 

Les outils connectés pour le diabète

DES DISPOSITIFS FACILITANT LA PRISE EN CHARGE

Les objets connectés en santé sont de plus en plus utilisés à des fins de consultation mais également pour faciliter le suivi des patients et améliorer leur prise en charge.

Les ambitions de ces nouveaux dispositifs médicaux connectés dédiés au diabète consistent à alléger les contraintes du parcours de soins : de l’autosurveillance glycémique au traitement insulinique. Ces dispositifs sont également conçus pour être fiables médicalement mais également pour être ergonomiques et intuitifs et ainsi apporter une finalité médicale au sens du soin. A titre d’exemple, les glucomètres connectés ont été parmi premiers dispositifs mis à disposition des patients1,5.
En 2015, plus de 20 % des diabétiques déclaraient posséder un objet connecté pour l’aider à mieux gérer sa maladie et notamment un glucomètre connecté** (30% des patients), un auto-tensiomètre (14%), ou un dispositif de délivrance de l’insuline connecté (11%)1.

Ces dispositifs sont équipés de fonctions telles qu’un carnet glycémique en temps réel, des conseils d’ajustement de doses en cas d’hypo ou d’hyperglycémie, voire un suivi de la glycémie via son smartphone et sans piqûre. Ces dernières années ont connu le déploiement d’une offre plus étoffée avec un choix plus important de dispositifs tels que les dispositifs de délivrance de l’insuline connectés ou encore l’intégration de solution d’intelligence artificielle dans les pompes à insuline en boucle semi-fermée encore appelées pancréas articifiel6.

DES LIMITES A L’EXERCICE7

Toutefois, si les patients voient dans ces solutions innovantes une opportunité de faciliter leur quotidien mais surtout d’optimiser les relations avec les professionnels de santé, ils restent prudents quant à la transmission des données collectées et à l’impact de cette « ultra-connexion » sur la sphère privée. Ainsi, si certains patients reconnaissent l’intérêt de ces dispositifs pour obtenir de meilleurs résultats de santé et une meilleure qualité de vie, ils pointent du doigt le côté intrusif de certaines fonctionnalités. Certains peuvent être préoccupés par le partage de leurs données et l’utilisation qui peut en être faire, d’autres expriment la crainte de se sentir réduits aux données qu’ils transmettent7.
Enfin, s’ils reconnaissent que leur expertise de la maladie s’accroît et que l’utilisation de ces objets amène à redéfinir la relation qu’ils avaient jusqu’alors avec les professionnels de santé, les patients s’accordent à dire que l’utilisation de ces outils doit se faire de façon « intégrée » dans le parcours de soin et ne pas se substituer à l’accompagnement du professionnel de santé2.

Ainsi, si elle représente une avancée indéniable pour le suivi des patients, la santé connectée n’est pas encore prête à supplanter une relation de confiance entre le patient et son médecin.


*Glycémie : Taux de sucre dans le sang
** Le glucomètre connecté peut désigner un lecteur de glycémie capillaire ou un lecteur de glucose en continu.

  1. Lab e-santé. Santé mobile est connectée : usage, attitudes et attentes des malades chroniques. 2015
  2. Fédération Française des diabétiques. DiabèteLab. DISPOSITIFS CONNECTÉS : QUELLES LIMITES D’USAGE POUR LES PATIENTS ?. Accessible sur https://diabetelab.federationdesdiabetiques.org/dispositifs-connectes/. Dernière consultation le 29/03/22
  3. Guillot C. Diabète et objets connectés, entre appropriation et abandon d’usage. La revue de l’Infirmière.2017. 66(235) : 30-31.
  4. https://www.mangerbouger.fr/l-essentiel/les-recommandations-sur-l-alimentation-l-activite-physique-et-la-sedentarite/augmenter/augmenter-l-activite-physique
  5. Le Généraliste. Le diabète, la plus connectée des maladies.
  6. Vidal. Diabète de type 1 : le système DIABELOOP désormais inscrit sur la LPPR. Accessible sur https://www.vidal.fr/actualites/27892-diabete-de-type-1-le-systeme-diabeloop-desormais-inscrit-sur-la-lppr.html.
  7. Oikonomidi T et al. Evaluation of Patient Willingness to Adopt Remote Digital Monitoring for Diabetes Management. JAMA Network Open. 2021;4(1):e2033115. doi:10.1001/jamanetworkopen.2020.33115


FR22DI00109 – Avril 2022

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